Mahāyānasūtrālaṃkāra

From Bodhicitta
Texts/Mahāyānasūtrālaṃkāra

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महायानसूत्रालंकारकारिका
Mahāyānasūtrālaṃkāra
Mahāyānasūtrālaṃkārakārikā
ཐེག་པ་ཆེན་པོ་མདོ་སྡེའི་རྒྱན་ཞེས་བྱ་བའི་ཚིག་ལེའུར་བྱས་པ།
theg pa chen po mdo sde'i rgyan zhes bya ba'i tshig le'ur byas pa
The Verses on the Ornament for the Mahāyāna Sūtras (84000)
Text


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Description

In Sanskrit, the “Ornament for the Mahāyāna Sūtras”; one of the Five Dharma Treatises of Maitreya (byams chos sde lnga) said to have been presented to Asaṅga by the bodhisattva Maitreya in the Tuṣita heaven. Written in verse, the text offers a systematic presentation of the practices of the bodhisattva from the standpoint of the Yogācāra school and is one of the most important of the Indian Mahāyāna śāstras. Its twenty-one chapters deal with (1) the proof that the Mahāyāna sūtras are the word of the Buddha; (2) taking refuge in the three jewels (ratnatraya); (3) the lineage (gotra) of enlightenment necessary to undertake the bodhisattva path; (4) the generation of the aspiration to enlightenment (bodhicittotpāda); (5) the practice of the bodhisattva; (6) the nature of reality, described from the Yogācāra perspective; (7) the attainment of power by the bodhisattva; (8) the methods of bringing oneself and others to maturation; (9) enlightenment and the three bodies of a buddha (trikāya); (10) faith in the Mahāyāna; (11) seeking complete knowledge of the dharma; (12) teaching the dharma; (13) practicing in accordance with the dharma; (14) the precepts and instructions received by the bodhisattva; (15) the skillful methods of the bodhisattva; (16) the six perfections (pāramitā) and the four means of conversion (saṃgrahavastu), through which bodhisattvas attract and retain disciples; (17) the worship of the Buddha; (18) the constituents of enlightenment (bodhipākṣikadharma); (19) the qualities of the bodhisattva; and (20-21) the consummation of the bodhisattva path and the attainment of buddhahood. (Source: The Princeton Dictionary of Buddhism, p. 514)
Quoted in the aligned translations
Reference
Maitreya (བྱམས་པ་). Mahāyānasūtrālaṃkārakārikā [महायानसूत्रालंकारकारिका]. theg pa chen po mdo sde'i rgyan zhes bya ba'i tshig le'ur byas pa [ཐེག་པ་ཆེན་པོ་མདོ་སྡེའི་རྒྱན་ཞེས་བྱ་བའི་ཚིག་ལེའུར་བྱས་པ།]. [The Verses on the Ornament for the Mahāyāna Sūtras (84000)]. Translated by Śākyasiṁha, Ska ba dpal brtsegs, Prabhākaramitra. Tengyur, RKTST 3359 http://www.rkts.org/cat.php?id=3359&typ=2.
Interconnections
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2 Recensions
Books1911About this item
Si nous étions réduits au seul témoignage de l'original sanscrit, nous ignorerions encore le véritable auteur de l'ouvrage. Le colophon sanscrit se contente d'indiquer que le texte a été « énoné » (bhâṣita) « par le grand Bodhisattva Vyavadâta-samaya ». Ce colophon est reproduit par le traducteur chinois et le traducteur tibétain; il est donc certainement très ancien, s'il ne remonte pas même jusqu'à l'original. Je n'ai pas retrouvé ailleurs un Bodhisattva de ce nom ; il est impossible de dire si cette désignation s'applique à Maitreya, à Asaṅga, ou à tout autre personnage, soit fictif, soit réel.
      L'Indien Prabhâkara-mitra, auteur de la traduction chinoise (entre 630 et 633 J. C.), assigne le M. S. A. à Asaṅga, qu'il qualifie expressément de « Bodhisattva ». La préface de là traduction, due à Li Pe-yo (l'auteur du Pe-Tsin chou) répète et confirme cette attribution, sans faire allusion à une révélation surnaturelle. Mais, à cette époque même, Hiuan-tsang apprend dans les couvents de l'Inde à classer le M. S. A. parmi les textes sacrés révélés à Asaṅga par Maitreya. Jusque-là, au témoignage de Paramârtha et des traducteurs chinois du vc siècle, le Saptadaçabhûmi çâstra (ou Yogâcâryabhûmi çâstra) avait seul passé pour révélé.
      Un demi-siècle après Hiuan-tsang, Yi-tsing, qui n'est pas comme Hiuan-tsang un adepte de l'école Yogâcâra, continue à classer le M. S. A. parmi « les huit branches » (pa tchi) d'Asanga, où il fait entrer pêle-mêle et de son propre aveu plusieurs traités de Vasubandhu.
      Chez les Tibétains[1], le M. S. A. est unanimement rangé dans les « Cinq çâstras de Maitreya », et il en ouvre la série. Mais les vers seuls sont attribués à Maitreya ; la prose qui commente ces vers est tenue pour un ouvrage à part, sous le titre de Sûtrâlaṃkâra-bhâṣya, attribué à Vasubandhu. La traduction tibétaine est due à Çâkyasiṃha l'Indien, assisté du Lotsava grand réviseur Dpal brcogs et autres. Je n'ai pas d'informations sur ces personnages; mais, quelle que soit leur date, Prabhâkara mitra leur est certainement antérieur ; avant le milieu du VIIc siècle, le Tibet, à peine ouvert à la civilisation, n'avait ni traducteurs, ni traductions. Nous sommes donc fondés à considérer l'ouvrage entier, prose et vers, comme dû à un seul auteur, Asaṅga. Au reste, si le tibétain distingue dans l'ouvrage deux parties, texte et commentaire, avec deux auteurs différents, le Tche-yuen lou chinois (Catalogue comparé des Livres Bouddhiques compilé dans la période Tche-yuen 1264–1294) donne à l'ouvrage entier, en tant qu'oeuvre du Bodhisattva Asaṅga, le titre fan (c.-à-d. sanscrit) de : Sou-tan-lo A-leng-kia-lo ti-kia, transcription de Sûtrâlaṃkâraṭîkâ « Commentaire du Sûtrâlaṃkâra » (Tche-yuen lou, chap. IX, in°.); en fait, cette désignation de ṭîkâ ne peut s'appliquer pourtant qu'à la prose explicative qui accompagne les vers ou kârikâs.
      Le texte sanscrit est divisé en adhikâras ou « chapitres » régulièrement numérotés jusqu'au quinzième ; à partir de là les chapitres ne portent plus d'indication numérique jusqu'au chapitre final ; mais celui-ci est désigné comme le vingt et unième. Les sections marquées dans l'intervalle sont seulement au nombre de quatre ; il manque donc une unité pour parfaire le chiffre de 21. Il est probable que le dernier chapitre est à partager en deux sections, entre le vers 42 et le vers 43. Les dix-neuf derniers vers, avec leur refrain uniforme, constituent une unité bien nette comme hymne de conclusion.
      Le tibétain[1] reproduit exactement les divisions du manuscrit sanscrit. Le chinois[2] représente un autre partage de l'ensemble. Le texte y est divisé en treize grandes sections, découpées d'une manière assez irrégulière en vingt-quatre chapitres. (Lévi, "Le Mahâyâna Sûtrâlaṃkâra," 7–9)

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'"`UNIQ--h-2--QINU`"'Notes

1. Outre Târanâtha, v. aussi Bouston traduit par Stcherbatzkoï, La littérature Yogâcâra d'après Bouston, Muséon, 1905, II. Il est assez surprenant de voir que les Tibétains comptent comme l'oeuvre personnelle d'Àsaṅga le (Saptadaça-)bhûmi çâstra, le seul ouvrage que la tradition ancienne assigne à Maitreya. En dehors de cet ouvrage (et, naturellement, des sections détachées qui en ont été traduites à part: Nanjio 1170, 1083,1086, 1096, 1097, 1098, 1200, 1235), le Canon chinois n'attribue à Maitreya que le Madhyânta-vibhaṅga(Nj. 1245, traduit par Hiuan-tsang), également compté comme une oeuvre de Maitreya par les Tibétains [Je laisse en dehors l'insignifiant opuscule : Sarvaçiksàsthitanâmârtha çâstra (Nj. 1315) traduit par Che-houentre 980 et 1000]. Le cas du Mahâyânasaṃparigraha çâstra offre un intérêt tout particulier. Le premier en date des trois traducteurs chinois, Buddhaçânta, en 531, présente l'ouvrage comme une « oeuvre d' A-seng-kia », dans le texte de l'édition de Corée ; mais les éditions proprement chinoises ont remplacé cette mention par « composition de Wou-tcho p'ou-sa [equals] Asaṅga bodhisattva ». La préface qui accompagne la traduction de Paramârtha, en 563, déclare que « le çâstra original (pen loun) a été composé par A-seng-kia, maître de la loi (fa che). » Hiuan-tsang, enfin, qui donne une traduction en 648, traduit fidèlement un colophon qui dit : « Moi, A-seng-kia, j'ai fini d'expliquer brièvement le Mahâyâna-saṃparigraha çâstra dans les sûtras du Grand Véhicule de l'Abhidharma », mais il présente le texte comme « la composition de Wou-tcho p'ou-sa [equals] Asanga bodhisattva ».
      Wassilieff (Notes sur Târanâtha, p. 315 sq.) a tort de dire que « les cinq textes de Maitreya manquent tous [sämmtlich] chez les Chinois ». J'ai déjà signalé la traduction chinoise du M. S. A. et celle du Madhyânta-vibhâga. La version chinoise de l'Uttaratantra a échappé jusqu'ici aux recherches, parce qu'elle ne porte pas de nom d'auteur. C'est le Mahâyânottaratantraçâstra (Nj. 1236; éd. Tôk. XIX, 2) des catalogues chinois, traduit par Ratnamati en 508. Restent le Dharmadharmalâ-vibhaṅga et l'Abhisamayâlaṃkâra qui n'ont pas de correspondant connu ou reconnu en chinois. A propos des oeuvres d'Asaṅga conservées en chinois, j'ajoute encore que le Choun tchong louen (Nj. 1246; Tôk. XIX, 2), dont le titre sanscrit est restitué par Nanjio sous la forme : Madhyântânugama çâstra, est en fait — comme le titre chinois l'exprime exactement — un commentaire sur le Madhyamakaçâstra de Nâgârjuna, interprété au point de vue de la doctrine Yogâcâra.
1. La traduction tibétaine se trouve dans le Tanjour, Mdo. vol. XLIV (phi), le texte en vers va de 1 à 43b; le « bhâṣya » termine le volume, de la page 135 à la fin.

2. La traduction chinoise porte le n° 1190 dans le Catalogue de Nanjio; dans l'édition du Tripiṭaka de Tôkyô, elle trouve boîte XIX, vol. 4: Elle se forme la première moitié du volume ; le Sûtrâlaṃkâra d'Açvaghoṣa forme l'autre moitié.
Books1907About this item
C'est par l'effet d'une confusion de titre que j'ai mis la main sur ce texte. Un peu avant de partir pour l'Inde, J'avais eu l'occasion d'étudier et de signaler à l'attention des indianistes un recueil important de contes bouddhiques, le Sūtralaṃkāra, d'Açvaghoṣa, conservé dans une traduction chinoise. Dès mon arrivée au Nepal, en janvier 1898. je me mis en quête de l'original sanscrit. Hodgson, dans sa Liste des Ouvrages Bouddhiques en sanscrit connus de fait ou de nom au Népal (Sketch of Buddhism, publié en 1828: réim- primé dans les Essays on the Languages, Literature, and Religion of Nepal and Tibet, 1874; p. 37), mentionne (n 29) le Mahāyāna Sūtrālaṃkāra: l'espoir de le retrouver n'était donc pas complétement interdit. Bientôt, en effet, Pandit Kulamāna, de Patan, qui s'était intéresé a mes recherches, m'annonçait qu'un de ses amis possédait un manuscrit de l'ouvrage: il refusait toutefois de s'en dessaisir. Je finis par en obtenir la communication ; il ne s'agissait pas du Sūtralaṃkāra d'Açvaghoṣa, mais bien du Mahāyāna Sūtrālaṃkāra d'Asaṅga. Au lieu d'un recueil de contes édifiants, c'était un exposé scolastique des doctrines mahāyānistes sur le Bodhisattva, au point de vue de l'école des Yogācāras. Il n'entre pas dans mon propos de marquer ici l'intérêt de ce texte, ni de signaler les problèmes qu'il pose ou qu'il résout. Je compte traiter en détail ces questions dans l'Intruduction à la traduction que je publierai prochainement ; c'est dans le même fascicule que je donnerai aussi l'index des termes techniques dont l'ouvrage foisonne, et les éclaircissements que je pourrai en fournir. lci je ne me suis préoccupé que d'établir le texte.
      La besogne, à dire vrai, n'était pa si facile. Je ne disposais que de la copie exécutée, sous ma surveillance, par le Pandit Kulamāna, reproduction fidèle d'un original assez bon dans l'ensemble, mais parsemé de menues fautes dues principalement a la confusion de lettres analogues dans la devanāgari du Népal. Cette copie, sur papier népalais (gris au recto, jaune au verso), occupe 123 feuillets, à neuf lignes par page. L'ouvrage est complet: la seule lacune étendue se place à la suite du vers 2 de la llesection: deux feuillets avaient à cet endroit disparu de l'archétype; pour dissimuler la lacune, le copiste ancien a recouru à un procédé assez usuel ; il a copié ailleurs deux autres feuilles qu'il a insérées à la place des feuillets manquants. Je n'ai pas pu arriver à déterminer la provenance exacte de cette interpolation; mais elle vient sans aucun doute de quelque çāstra étroitement apparenté au Mahāyāna Sūtrālaṃkāra par le sujet et par le lexique. J'ai donné en Appendice à la suite du texte le contenu de ces deux feuilles: un chercheur plus heureux réussira probablement à les identifier. Les autres lacunes sont de peu d'étendue : XI, 5, une ligne; 51, deus lignes; XI, 70, deux ou trois lignes; XII, 7, un hémistiche.
      La traduction chinoise, due à I'Hindou Prabhākara mitra (entre 630 et 633 J.-C.), comble heureusement toutes ces lacunes; sans elle, j'aurais dû renoncer même à éditer ce texte. C'est par une collation constante de la version chinoise que j'ai réussi—si j'y ai réussi— à dégager de mon unique manuscrit un texte acceptable et intelligible. Je n'ai pas cru devoir, sous couleur d'une « acribie ». intransigeante, étaler au bas des pages toutes les lectures vicieuses du manuscrit; Je ne les ai rapportées que dans les rares cas où ma correction affectait l'ensemble d'un mot. Je laisse à ceux qui voudront bien se référer à la copie de Kulamāna le soin de juger ce qu'a pu coûter d'efforts la constitution d'un texte présentable.
      C'est de propos délibéré que je me suis refusé a faire disparaître les irrégularités d'orthographe et de sandhi de mon manuscrit. La tradition des scribes népalais a ses usages constants, par exemple la réduction du groupe ttva à ttva (bodhisatva, tatva, etc.), l'interchange des sifflantes palatale et dentale (kuçīda, kusīda, etc.); pour les textes qu'ils sont seuls à nous avoir conservés, il me paraît préférable de se conformer à leurs usages plutôt que de leur imposer les rigueurs d'un purisme théorique. le sancrit a bien assez d'uniformité pour qu'on n'aille pas effacer de parti pris les rares particularités de temps ou de lieu qui ont pu y marquer leur empreinte. Quant au sandhi, I'application mécanique des règles risque le plus souvent d'anéantir des nuances de ponctuation et de pensée exprimées justement par des infractions à ces règles.
      Si j'ai préféré donner le texte en caractères devanāgarī, malgré les avantages pratiques de la transcription au point de vue occidental, c'est que nos éditions d'ouvrages bouddhiques ont chance d'atteindre une catégorie de lecteurs que nous me prévoyons pas assez peut-être tt qui mérite pourtant d'être prise en considération. Au Népal même, et par delà le Népal, dans le monde si peu accessible encore des Lamas, nous pouvons apporter ainsi à de bonnes âmes un aliment de piété qui se convertira peut-être en amorce de science: l'exemple donné par les éditeurs européens peut provoquer là-bas une imitation féconde, sauver de la destruction ou rappeler au jour des textes menacés, et activer ainsi le progrès des connaissances. L'indianisme n'est point un vain exercice de dilettantisme: derrière nos problèmes de linguistique, de philologie, d'histoire politique, religieuse ou sociale, il faut entrevoir les centaines millions d'êtres vivants que ces problèmes conditionnent à leur insu, et dont le sort est lié aux solutions qui doivent triompher.
      Je manquerais à un réel devoir de gratitude si je n'exprimais pas ici mes remerciements à tous ceux qui ont collaboré à l'impression de ce livre, aux typographes de l'Imprimerie nationale, au Directeur des travaux, M. Héon, et surtout à M. Guérinot, de qui les corrections minutieuses m'ont valu des épreuves presque parfaites. Mon ami et collègue M. Finot a pris la peine de relire aussi toutes les épreuves. S'il reste encore des fautes, et je sais pertinemment qu'il en reste (un erratum sera donné à la fin de la traduction), responsabilité n'en saurait incomber qu'à moi, et à la faiblesse de la nature humaine. (Lévi, foreword, i-iii)
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Si nous étions réduits au seul témoignage de l'original sanscrit, nous ignorerions encore le véritable auteur de l'ouvrage. Le colophon sanscrit se contente d'indiquer que le texte a été « énoné » (bhâṣita) « par le grand Bodhisattva Vyavadâta-samaya ». Ce colophon est reproduit par le traducteur chinois et le traducteur tibétain; il est donc certainement très ancien, s'il ne remonte pas même jusqu'à l'original. Je n'ai pas retrouvé ailleurs un Bodhisattva de ce nom ; il est impossible de dire si cette désignation s'applique à Maitreya, à Asaṅga, ou à tout autre personnage, soit fictif, soit réel.
      L'Indien Prabhâkara-mitra, auteur de la traduction chinoise (entre 630 et 633 J. C.), assigne le M. S. A. à Asaṅga, qu'il qualifie expressément de « Bodhisattva ». La préface de là traduction, due à Li Pe-yo (l'auteur du Pe-Tsin chou) répète et confirme cette attribution, sans faire allusion à une révélation surnaturelle. Mais, à cette époque même, Hiuan-tsang apprend dans les couvents de l'Inde à classer le M. S. A. parmi les textes sacrés révélés à Asaṅga par Maitreya. Jusque-là, au témoignage de Paramârtha et des traducteurs chinois du vc siècle, le Saptadaçabhûmi çâstra (ou Yogâcâryabhûmi çâstra) avait seul passé pour révélé.
      Un demi-siècle après Hiuan-tsang, Yi-tsing, qui n'est pas comme Hiuan-tsang un adepte de l'école Yogâcâra, continue à classer le M. S. A. parmi « les huit branches » (pa tchi) d'Asanga, où il fait entrer pêle-mêle et de son propre aveu plusieurs traités de Vasubandhu.
      Chez les Tibétains[1], le M. S. A. est unanimement rangé dans les « Cinq çâstras de Maitreya », et il en ouvre la série. Mais les vers seuls sont attribués à Maitreya ; la prose qui commente ces vers est tenue pour un ouvrage à part, sous le titre de Sûtrâlaṃkâra-bhâṣya, attribué à Vasubandhu. La traduction tibétaine est due à Çâkyasiṃha l'Indien, assisté du Lotsava grand réviseur Dpal brcogs et autres. Je n'ai pas d'informations sur ces personnages; mais, quelle que soit leur date, Prabhâkara mitra leur est certainement antérieur ; avant le milieu du VIIc siècle, le Tibet, à peine ouvert à la civilisation, n'avait ni traducteurs, ni traductions. Nous sommes donc fondés à considérer l'ouvrage entier, prose et vers, comme dû à un seul auteur, Asaṅga. Au reste, si le tibétain distingue dans l'ouvrage deux parties, texte et commentaire, avec deux auteurs différents, le Tche-yuen lou chinois (Catalogue comparé des Livres Bouddhiques compilé dans la période Tche-yuen 1264–1294) donne à l'ouvrage entier, en tant qu'oeuvre du Bodhisattva Asaṅga, le titre fan (c.-à-d. sanscrit) de : Sou-tan-lo A-leng-kia-lo ti-kia, transcription de Sûtrâlaṃkâraṭîkâ « Commentaire du Sûtrâlaṃkâra » (Tche-yuen lou, chap. IX, in°.); en fait, cette désignation de ṭîkâ ne peut s'appliquer pourtant qu'à la prose explicative qui accompagne les vers ou kârikâs.
      Le texte sanscrit est divisé en adhikâras ou « chapitres » régulièrement numérotés jusqu'au quinzième ; à partir de là les chapitres ne portent plus d'indication numérique jusqu'au chapitre final ; mais celui-ci est désigné comme le vingt et unième. Les sections marquées dans l'intervalle sont seulement au nombre de quatre ; il manque donc une unité pour parfaire le chiffre de 21. Il est probable que le dernier chapitre est à partager en deux sections, entre le vers 42 et le vers 43. Les dix-neuf derniers vers, avec leur refrain uniforme, constituent une unité bien nette comme hymne de conclusion.
      Le tibétain[1] reproduit exactement les divisions du manuscrit sanscrit. Le chinois[2] représente un autre partage de l'ensemble. Le texte y est divisé en treize grandes sections, découpées d'une manière assez irrégulière en vingt-quatre chapitres. (Lévi, "Le Mahâyâna Sûtrâlaṃkâra," 7–9)

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'"`UNIQ--h-2--QINU`"'Notes

1. Outre Târanâtha, v. aussi Bouston traduit par Stcherbatzkoï, La littérature Yogâcâra d'après Bouston, Muséon, 1905, II. Il est assez surprenant de voir que les Tibétains comptent comme l'oeuvre personnelle d'Àsaṅga le (Saptadaça-)bhûmi çâstra, le seul ouvrage que la tradition ancienne assigne à Maitreya. En dehors de cet ouvrage (et, naturellement, des sections détachées qui en ont été traduites à part: Nanjio 1170, 1083,1086, 1096, 1097, 1098, 1200, 1235), le Canon chinois n'attribue à Maitreya que le Madhyânta-vibhaṅga(Nj. 1245, traduit par Hiuan-tsang), également compté comme une oeuvre de Maitreya par les Tibétains [Je laisse en dehors l'insignifiant opuscule : Sarvaçiksàsthitanâmârtha çâstra (Nj. 1315) traduit par Che-houentre 980 et 1000]. Le cas du Mahâyânasaṃparigraha çâstra offre un intérêt tout particulier. Le premier en date des trois traducteurs chinois, Buddhaçânta, en 531, présente l'ouvrage comme une « oeuvre d' A-seng-kia », dans le texte de l'édition de Corée ; mais les éditions proprement chinoises ont remplacé cette mention par « composition de Wou-tcho p'ou-sa [equals] Asaṅga bodhisattva ». La préface qui accompagne la traduction de Paramârtha, en 563, déclare que « le çâstra original (pen loun) a été composé par A-seng-kia, maître de la loi (fa che). » Hiuan-tsang, enfin, qui donne une traduction en 648, traduit fidèlement un colophon qui dit : « Moi, A-seng-kia, j'ai fini d'expliquer brièvement le Mahâyâna-saṃparigraha çâstra dans les sûtras du Grand Véhicule de l'Abhidharma », mais il présente le texte comme « la composition de Wou-tcho p'ou-sa [equals] Asanga bodhisattva ».
      Wassilieff (Notes sur Târanâtha, p. 315 sq.) a tort de dire que « les cinq textes de Maitreya manquent tous [sämmtlich] chez les Chinois ». J'ai déjà signalé la traduction chinoise du M. S. A. et celle du Madhyânta-vibhâga. La version chinoise de l'Uttaratantra a échappé jusqu'ici aux recherches, parce qu'elle ne porte pas de nom d'auteur. C'est le Mahâyânottaratantraçâstra (Nj. 1236; éd. Tôk. XIX, 2) des catalogues chinois, traduit par Ratnamati en 508. Restent le Dharmadharmalâ-vibhaṅga et l'Abhisamayâlaṃkâra qui n'ont pas de correspondant connu ou reconnu en chinois. A propos des oeuvres d'Asaṅga conservées en chinois, j'ajoute encore que le Choun tchong louen (Nj. 1246; Tôk. XIX, 2), dont le titre sanscrit est restitué par Nanjio sous la forme : Madhyântânugama çâstra, est en fait — comme le titre chinois l'exprime exactement — un commentaire sur le Madhyamakaçâstra de Nâgârjuna, interprété au point de vue de la doctrine Yogâcâra.
1. La traduction tibétaine se trouve dans le Tanjour, Mdo. vol. XLIV (phi), le texte en vers va de 1 à 43b; le « bhâṣya » termine le volume, de la page 135 à la fin.

2. La traduction chinoise porte le n° 1190 dans le Catalogue de Nanjio; dans l'édition du Tripiṭaka de Tôkyô, elle trouve boîte XIX, vol. 4: Elle se forme la première moitié du volume ; le Sûtrâlaṃkâra d'Açvaghoṣa forme l'autre moitié.
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C'est par l'effet d'une confusion de titre que j'ai mis la main sur ce texte. Un peu avant de partir pour l'Inde, J'avais eu l'occasion d'étudier et de signaler à l'attention des indianistes un recueil important de contes bouddhiques, le Sūtralaṃkāra, d'Açvaghoṣa, conservé dans une traduction chinoise. Dès mon arrivée au Nepal, en janvier 1898. je me mis en quête de l'original sanscrit. Hodgson, dans sa Liste des Ouvrages Bouddhiques en sanscrit connus de fait ou de nom au Népal (Sketch of Buddhism, publié en 1828: réim- primé dans les Essays on the Languages, Literature, and Religion of Nepal and Tibet, 1874; p. 37), mentionne (n 29) le Mahāyāna Sūtrālaṃkāra: l'espoir de le retrouver n'était donc pas complétement interdit. Bientôt, en effet, Pandit Kulamāna, de Patan, qui s'était intéresé a mes recherches, m'annonçait qu'un de ses amis possédait un manuscrit de l'ouvrage: il refusait toutefois de s'en dessaisir. Je finis par en obtenir la communication ; il ne s'agissait pas du Sūtralaṃkāra d'Açvaghoṣa, mais bien du Mahāyāna Sūtrālaṃkāra d'Asaṅga. Au lieu d'un recueil de contes édifiants, c'était un exposé scolastique des doctrines mahāyānistes sur le Bodhisattva, au point de vue de l'école des Yogācāras. Il n'entre pas dans mon propos de marquer ici l'intérêt de ce texte, ni de signaler les problèmes qu'il pose ou qu'il résout. Je compte traiter en détail ces questions dans l'Intruduction à la traduction que je publierai prochainement ; c'est dans le même fascicule que je donnerai aussi l'index des termes techniques dont l'ouvrage foisonne, et les éclaircissements que je pourrai en fournir. lci je ne me suis préoccupé que d'établir le texte.
      La besogne, à dire vrai, n'était pa si facile. Je ne disposais que de la copie exécutée, sous ma surveillance, par le Pandit Kulamāna, reproduction fidèle d'un original assez bon dans l'ensemble, mais parsemé de menues fautes dues principalement a la confusion de lettres analogues dans la devanāgari du Népal. Cette copie, sur papier népalais (gris au recto, jaune au verso), occupe 123 feuillets, à neuf lignes par page. L'ouvrage est complet: la seule lacune étendue se place à la suite du vers 2 de la llesection: deux feuillets avaient à cet endroit disparu de l'archétype; pour dissimuler la lacune, le copiste ancien a recouru à un procédé assez usuel ; il a copié ailleurs deux autres feuilles qu'il a insérées à la place des feuillets manquants. Je n'ai pas pu arriver à déterminer la provenance exacte de cette interpolation; mais elle vient sans aucun doute de quelque çāstra étroitement apparenté au Mahāyāna Sūtrālaṃkāra par le sujet et par le lexique. J'ai donné en Appendice à la suite du texte le contenu de ces deux feuilles: un chercheur plus heureux réussira probablement à les identifier. Les autres lacunes sont de peu d'étendue : XI, 5, une ligne; 51, deus lignes; XI, 70, deux ou trois lignes; XII, 7, un hémistiche.
      La traduction chinoise, due à I'Hindou Prabhākara mitra (entre 630 et 633 J.-C.), comble heureusement toutes ces lacunes; sans elle, j'aurais dû renoncer même à éditer ce texte. C'est par une collation constante de la version chinoise que j'ai réussi—si j'y ai réussi— à dégager de mon unique manuscrit un texte acceptable et intelligible. Je n'ai pas cru devoir, sous couleur d'une « acribie ». intransigeante, étaler au bas des pages toutes les lectures vicieuses du manuscrit; Je ne les ai rapportées que dans les rares cas où ma correction affectait l'ensemble d'un mot. Je laisse à ceux qui voudront bien se référer à la copie de Kulamāna le soin de juger ce qu'a pu coûter d'efforts la constitution d'un texte présentable.
      C'est de propos délibéré que je me suis refusé a faire disparaître les irrégularités d'orthographe et de sandhi de mon manuscrit. La tradition des scribes népalais a ses usages constants, par exemple la réduction du groupe ttva à ttva (bodhisatva, tatva, etc.), l'interchange des sifflantes palatale et dentale (kuçīda, kusīda, etc.); pour les textes qu'ils sont seuls à nous avoir conservés, il me paraît préférable de se conformer à leurs usages plutôt que de leur imposer les rigueurs d'un purisme théorique. le sancrit a bien assez d'uniformité pour qu'on n'aille pas effacer de parti pris les rares particularités de temps ou de lieu qui ont pu y marquer leur empreinte. Quant au sandhi, I'application mécanique des règles risque le plus souvent d'anéantir des nuances de ponctuation et de pensée exprimées justement par des infractions à ces règles.
      Si j'ai préféré donner le texte en caractères devanāgarī, malgré les avantages pratiques de la transcription au point de vue occidental, c'est que nos éditions d'ouvrages bouddhiques ont chance d'atteindre une catégorie de lecteurs que nous me prévoyons pas assez peut-être tt qui mérite pourtant d'être prise en considération. Au Népal même, et par delà le Népal, dans le monde si peu accessible encore des Lamas, nous pouvons apporter ainsi à de bonnes âmes un aliment de piété qui se convertira peut-être en amorce de science: l'exemple donné par les éditeurs européens peut provoquer là-bas une imitation féconde, sauver de la destruction ou rappeler au jour des textes menacés, et activer ainsi le progrès des connaissances. L'indianisme n'est point un vain exercice de dilettantisme: derrière nos problèmes de linguistique, de philologie, d'histoire politique, religieuse ou sociale, il faut entrevoir les centaines millions d'êtres vivants que ces problèmes conditionnent à leur insu, et dont le sort est lié aux solutions qui doivent triompher.
      Je manquerais à un réel devoir de gratitude si je n'exprimais pas ici mes remerciements à tous ceux qui ont collaboré à l'impression de ce livre, aux typographes de l'Imprimerie nationale, au Directeur des travaux, M. Héon, et surtout à M. Guérinot, de qui les corrections minutieuses m'ont valu des épreuves presque parfaites. Mon ami et collègue M. Finot a pris la peine de relire aussi toutes les épreuves. S'il reste encore des fautes, et je sais pertinemment qu'il en reste (un erratum sera donné à la fin de la traduction), responsabilité n'en saurait incomber qu'à moi, et à la faiblesse de la nature humaine. (Lévi, foreword, i-iii)
Books2014About this item
The Buddhist masterpiece Ornament of the Great Vehicle Sūtras, often referred to by its Sanskrit title, Mahāyānasūtrālaṃkāra, is part of a collection known as the Five Maitreya Teachings, a set of philosophical works that have become classics of the Indian Buddhist tradition. Maitreya, the Buddha’s regent, is held to have entrusted these profound and vast instructions to the master Asaṅga in the heavenly realm of Tuṣita.

The Ornament provides a comprehensive description of the bodhisattva’s view, meditation, and enlightened activities. Bodhisattvas are beings who, out of vast love for all sentient beings, have dedicated themselves to the task of becoming fully awakened buddhas, capable of helping all beings in innumerable and vast ways to become enlightened themselves. To fully awaken requires practicing great generosity, patience, energy, discipline, concentration, and wisdom, and Maitreya’s text explains what these enlightened qualities are and how to develop them.

This volume includes commentaries by Khenpo Shenga and Ju Mipham, whose discussions illuminate the subtleties of the root text and provide valuable insight into how to practice the way of the bodhisattva. Drawing on the Indian masters Vasubandhu and, in particular, Sthiramati, Mipham explains the Ornament with eloquence and brilliant clarity. This commentary is among his most treasured works. (Source: Shambhala Publications)
7 Classical commentaries
Classical WorksAbout this item
The Sūtrālaṃkārādiślokadvayavyākhyāna ("An Explanation of the First Two Verses of the Sūtrālaṃkāra") is a short commentary by the Kashmiri paṇḍita Parahitabhadra (also known as Somaśrī) on the first two verses of the first chapter of Maitreya's Mahāyānasūtrālaṃkāra ("Ornament of the Mahāyāna Sūtras"). The text was composed at the temple of Thugs dams kha char and translated into Tibetan by Parahitabhadra together with the Śākya monk and translator gZhon nu mchog, who was active in the late eleventh to early twelfth century. The commentary engages in close philological and philosophical analysis of the opening verses, drawing on Yogācāra doctrine including the three natures (trisvabhāva) and the relationship between conventional designation (ming, nāma), conceptual construction (rnam par rtog pa, vikalpa), suchness (de bzhin nyid, tathatā), and nondeceptive pristine awareness (yang dag pa'i ye shes, samyagjñāna).
Classical WorksAbout this item
In The Sun That Illuminates the Excellent Path of the Great Vehicle, Thüken identifies Asaṅga's Bodhisattvabhūmi as the highest form of a "meaning commentary" (don 'grel). He argues that its primary function is not to be read in isolation, but to be studied as an essential companion to foundational texts like the Ornament of Mahāyāna Sūtras. According to Thüken, the Bodhisattvabhūmi brilliantly supplements these other works by expanding on abbreviated topics, clarifying difficult points, and, most importantly, reframing abstract concepts from the direct perspective of a practitioner.
Classical WorksAbout this item
An interlinear commentary on the Mahāyānasūtrālaṃkāra by the famed Khenpo Zhenga. It is one of a series of such works on the thirteen major treatises of Indian Mahāyāna Buddhism that became the basis for the curriculum at several major Tibetan monastic universities, such as those at Dzogchen and Dzongsar monasteries.
1 Works containing teachings
Books2003About this item
Do all living beings ultimately become enlightened? Do we have Buddha nature, the seed of enlightenment? These questions concerning an ordinary living being's potential to become a Buddha, the purest form of existence, are the main topic of this book. Based on the views of the three major Buddhist schools of Buddhist philosophy — Vaibhasika, Cittamatrin and Madhyamaka — Geshe Sonam Rinchen explains how our minds, though stained by temporary defilements, are innately pure, luminous and cognizant and how we can become aware of the mind's clear light nature. (Source: back cover)
2 Scholarship
Books1911About this item
Si nous étions réduits au seul témoignage de l'original sanscrit, nous ignorerions encore le véritable auteur de l'ouvrage. Le colophon sanscrit se contente d'indiquer que le texte a été « énoné » (bhâṣita) « par le grand Bodhisattva Vyavadâta-samaya ». Ce colophon est reproduit par le traducteur chinois et le traducteur tibétain; il est donc certainement très ancien, s'il ne remonte pas même jusqu'à l'original. Je n'ai pas retrouvé ailleurs un Bodhisattva de ce nom ; il est impossible de dire si cette désignation s'applique à Maitreya, à Asaṅga, ou à tout autre personnage, soit fictif, soit réel.
      L'Indien Prabhâkara-mitra, auteur de la traduction chinoise (entre 630 et 633 J. C.), assigne le M. S. A. à Asaṅga, qu'il qualifie expressément de « Bodhisattva ». La préface de là traduction, due à Li Pe-yo (l'auteur du Pe-Tsin chou) répète et confirme cette attribution, sans faire allusion à une révélation surnaturelle. Mais, à cette époque même, Hiuan-tsang apprend dans les couvents de l'Inde à classer le M. S. A. parmi les textes sacrés révélés à Asaṅga par Maitreya. Jusque-là, au témoignage de Paramârtha et des traducteurs chinois du vc siècle, le Saptadaçabhûmi çâstra (ou Yogâcâryabhûmi çâstra) avait seul passé pour révélé.
      Un demi-siècle après Hiuan-tsang, Yi-tsing, qui n'est pas comme Hiuan-tsang un adepte de l'école Yogâcâra, continue à classer le M. S. A. parmi « les huit branches » (pa tchi) d'Asanga, où il fait entrer pêle-mêle et de son propre aveu plusieurs traités de Vasubandhu.
      Chez les Tibétains[1], le M. S. A. est unanimement rangé dans les « Cinq çâstras de Maitreya », et il en ouvre la série. Mais les vers seuls sont attribués à Maitreya ; la prose qui commente ces vers est tenue pour un ouvrage à part, sous le titre de Sûtrâlaṃkâra-bhâṣya, attribué à Vasubandhu. La traduction tibétaine est due à Çâkyasiṃha l'Indien, assisté du Lotsava grand réviseur Dpal brcogs et autres. Je n'ai pas d'informations sur ces personnages; mais, quelle que soit leur date, Prabhâkara mitra leur est certainement antérieur ; avant le milieu du VIIc siècle, le Tibet, à peine ouvert à la civilisation, n'avait ni traducteurs, ni traductions. Nous sommes donc fondés à considérer l'ouvrage entier, prose et vers, comme dû à un seul auteur, Asaṅga. Au reste, si le tibétain distingue dans l'ouvrage deux parties, texte et commentaire, avec deux auteurs différents, le Tche-yuen lou chinois (Catalogue comparé des Livres Bouddhiques compilé dans la période Tche-yuen 1264–1294) donne à l'ouvrage entier, en tant qu'oeuvre du Bodhisattva Asaṅga, le titre fan (c.-à-d. sanscrit) de : Sou-tan-lo A-leng-kia-lo ti-kia, transcription de Sûtrâlaṃkâraṭîkâ « Commentaire du Sûtrâlaṃkâra » (Tche-yuen lou, chap. IX, in°.); en fait, cette désignation de ṭîkâ ne peut s'appliquer pourtant qu'à la prose explicative qui accompagne les vers ou kârikâs.
      Le texte sanscrit est divisé en adhikâras ou « chapitres » régulièrement numérotés jusqu'au quinzième ; à partir de là les chapitres ne portent plus d'indication numérique jusqu'au chapitre final ; mais celui-ci est désigné comme le vingt et unième. Les sections marquées dans l'intervalle sont seulement au nombre de quatre ; il manque donc une unité pour parfaire le chiffre de 21. Il est probable que le dernier chapitre est à partager en deux sections, entre le vers 42 et le vers 43. Les dix-neuf derniers vers, avec leur refrain uniforme, constituent une unité bien nette comme hymne de conclusion.
      Le tibétain[1] reproduit exactement les divisions du manuscrit sanscrit. Le chinois[2] représente un autre partage de l'ensemble. Le texte y est divisé en treize grandes sections, découpées d'une manière assez irrégulière en vingt-quatre chapitres. (Lévi, "Le Mahâyâna Sûtrâlaṃkâra," 7–9)

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'"`UNIQ--h-2--QINU`"'Notes

1. Outre Târanâtha, v. aussi Bouston traduit par Stcherbatzkoï, La littérature Yogâcâra d'après Bouston, Muséon, 1905, II. Il est assez surprenant de voir que les Tibétains comptent comme l'oeuvre personnelle d'Àsaṅga le (Saptadaça-)bhûmi çâstra, le seul ouvrage que la tradition ancienne assigne à Maitreya. En dehors de cet ouvrage (et, naturellement, des sections détachées qui en ont été traduites à part: Nanjio 1170, 1083,1086, 1096, 1097, 1098, 1200, 1235), le Canon chinois n'attribue à Maitreya que le Madhyânta-vibhaṅga(Nj. 1245, traduit par Hiuan-tsang), également compté comme une oeuvre de Maitreya par les Tibétains [Je laisse en dehors l'insignifiant opuscule : Sarvaçiksàsthitanâmârtha çâstra (Nj. 1315) traduit par Che-houentre 980 et 1000]. Le cas du Mahâyânasaṃparigraha çâstra offre un intérêt tout particulier. Le premier en date des trois traducteurs chinois, Buddhaçânta, en 531, présente l'ouvrage comme une « oeuvre d' A-seng-kia », dans le texte de l'édition de Corée ; mais les éditions proprement chinoises ont remplacé cette mention par « composition de Wou-tcho p'ou-sa [equals] Asaṅga bodhisattva ». La préface qui accompagne la traduction de Paramârtha, en 563, déclare que « le çâstra original (pen loun) a été composé par A-seng-kia, maître de la loi (fa che). » Hiuan-tsang, enfin, qui donne une traduction en 648, traduit fidèlement un colophon qui dit : « Moi, A-seng-kia, j'ai fini d'expliquer brièvement le Mahâyâna-saṃparigraha çâstra dans les sûtras du Grand Véhicule de l'Abhidharma », mais il présente le texte comme « la composition de Wou-tcho p'ou-sa [equals] Asanga bodhisattva ».
      Wassilieff (Notes sur Târanâtha, p. 315 sq.) a tort de dire que « les cinq textes de Maitreya manquent tous [sämmtlich] chez les Chinois ». J'ai déjà signalé la traduction chinoise du M. S. A. et celle du Madhyânta-vibhâga. La version chinoise de l'Uttaratantra a échappé jusqu'ici aux recherches, parce qu'elle ne porte pas de nom d'auteur. C'est le Mahâyânottaratantraçâstra (Nj. 1236; éd. Tôk. XIX, 2) des catalogues chinois, traduit par Ratnamati en 508. Restent le Dharmadharmalâ-vibhaṅga et l'Abhisamayâlaṃkâra qui n'ont pas de correspondant connu ou reconnu en chinois. A propos des oeuvres d'Asaṅga conservées en chinois, j'ajoute encore que le Choun tchong louen (Nj. 1246; Tôk. XIX, 2), dont le titre sanscrit est restitué par Nanjio sous la forme : Madhyântânugama çâstra, est en fait — comme le titre chinois l'exprime exactement — un commentaire sur le Madhyamakaçâstra de Nâgârjuna, interprété au point de vue de la doctrine Yogâcâra.
1. La traduction tibétaine se trouve dans le Tanjour, Mdo. vol. XLIV (phi), le texte en vers va de 1 à 43b; le « bhâṣya » termine le volume, de la page 135 à la fin.

2. La traduction chinoise porte le n° 1190 dans le Catalogue de Nanjio; dans l'édition du Tripiṭaka de Tôkyô, elle trouve boîte XIX, vol. 4: Elle se forme la première moitié du volume ; le Sûtrâlaṃkâra d'Açvaghoṣa forme l'autre moitié.
Articles2015About this item
Firstly, this paper discusses the connotation of the Four Immeasurables (catvāryapramāṇāni) in the Bodhisattvabhūmi and Mahāyānasūtrālaṃkāra. The conclusion is as follows: These two texts approach the four immeasurable states of mind from two different points of view, and based on the three categories of sentient beings, the immeasurables of kindness, compassion, and empathic joy arise accordingly when one is faced with sentient beings in states of neither-pain-nor-pleasure (kindness), pain (compassion), and pleasure (empathic joy) respectively. On the other hand, delusion, hatred, and greed can also be aroused when one is faced with these three kinds of states (neither-pain-nor-pleasure, pain, and pleasure). Consequently, bodhisattvas generate a strong intention (adhyāśaya) - the mind state of equanimity, the fourth immeasurable - to guide these three categories of sentient beings to abandon defilements. This interpretation goes beyond the traditional definition of the Four Immeasurables in earlier Buddhist thought.

Secondly, based on the aforementioned conclusion, in order to develop a measuring scale and study the brain imaging measurements of fMRI/DIT, we surveyed some relevant papers, and we found that there are five questions or topics which need to be discussed between Buddhists and researchers in psychological studies and neurosciences in the future.


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The Buddhist masterpiece Ornament of the Great Vehicle Sūtras, often referred to by its Sanskrit title, Mahāyānasūtrālaṃkāra, is part of a collection known as the Five Maitreya Teachings, a set of philosophical works that have become classics of the Indian Buddhist tradition. Maitreya, the Buddha’s regent, is held to have entrusted these profound and vast instructions to the master Asaṅga in the heavenly realm of Tuṣita.

The Ornament provides a comprehensive description of the bodhisattva’s view, meditation, and enlightened activities. Bodhisattvas are beings who, out of vast love for all sentient beings, have dedicated themselves to the task of becoming fully awakened buddhas, capable of helping all beings in innumerable and vast ways to become enlightened themselves. To fully awaken requires practicing great generosity, patience, energy, discipline, concentration, and wisdom, and Maitreya’s text explains what these enlightened qualities are and how to develop them.

This volume includes commentaries by Khenpo Shenga and Ju Mipham, whose discussions illuminate the subtleties of the root text and provide valuable insight into how to practice the way of the bodhisattva. Drawing on the Indian masters Vasubandhu and, in particular, Sthiramati, Mipham explains the Ornament with eloquence and brilliant clarity. This commentary is among his most treasured works. (Source: Shambhala Publications)
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In The Sun That Illuminates the Excellent Path of the Great Vehicle, Thüken identifies Asaṅga's Bodhisattvabhūmi as the highest form of a "meaning commentary" (don 'grel). He argues that its primary function is not to be read in isolation, but to be studied as an essential companion to foundational texts like the Ornament of Mahāyāna Sūtras. According to Thüken, the Bodhisattvabhūmi brilliantly supplements these other works by expanding on abbreviated topics, clarifying difficult points, and, most importantly, reframing abstract concepts from the direct perspective of a practitioner.
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An interlinear commentary on the Mahāyānasūtrālaṃkāra by the famed Khenpo Zhenga. It is one of a series of such works on the thirteen major treatises of Indian Mahāyāna Buddhism that became the basis for the curriculum at several major Tibetan monastic universities, such as those at Dzogchen and Dzongsar monasteries.