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Description
Les Bouddhistes[1], en leur qualité d'Indiens, chérissent le énuméretions. Pour peu qu'on veuille s'occuper de leur religion, on apprend bientôt à connaître les quatre vérités, les quatre bases de réunion, les quatre abandons parfaits, les quatre bases de la puissance surnaturelle, les dix forces d'un Bouddha, les dix actes religieux, la voie à huit branches, etc. Le dictionnaire Mahâvyutpatti ne se compose guère que d'une collection d'énumérations, et le dépouillement du Kandjur entrepris à ce point de vue en offrirait un nombre considérable; les titres seuls des ouvrages que renferme ce recueil fourniraient déjà un assez vaste matière à un travail de ce genre. Je ne me propose pourtant pas de l'entreprendre ici ; Je veux seulement examiner une de ces énumérations, qui a pour base le nombre 4. Ce nombre revient plus d'une fois dans les titres des traités qui composent le Kandjur ; on le retrouve dans treize de ces titres. Mais il serait trop long, et d'ailleurs en dehors du plan que je me suis tracé, de les reproduire et de les étudier tous : mon intention est de m'attacher seulement à ceux qui, par leur nature et la place même qu'ils occupent dans la collection sacrée, forment un groupe à part, solicitent l'attention, et semblent appeler une étude que les résultats m'ont paru justifier. Ce sont cinq ouvrages du XXe volume de la section intitulée Mdo (sûtra), la cinquième de Kandjur ; ils portent les numéros 6, 7, 8, 9, 10. Csoma de Koros en a donné les titres, accompagnés d'une courte notice, dans son analyse du Bkah-hgyur ; seulement il n'a pas toujours reproduit complétement ces titres, parce qu'il n'attachait pas à la qualification Mahâyâna sûtra (sûtra de grand véhicule) l'importance que le progrès des études bouddhiques oblige d'y attribuer aujourd'hui. Je crois qu'il est utile, avant toute discussion, de reproduire exactement les renseignements fournis par Csoma : j'extrais donc des Recherches asiatiques la partie qui nous importe, mettant seulement entre parenthèses les portions de titres que Csoma a omises, et traduisant l'anglais en français ; je supprime en outre les titres tibétains, que je me réserve de donner ultérieurement :
6˚ (fol. 65-84). Bôdhisattva pratimo[kṣ]a Chatushka Nirahâra (nâma Mahâyâna sûtra). Instruction sur les quatre vertus pa l'acquisition desquelle un Bodhisattva peut arrivar à la perfection suprème ou devenir un Buddha. Prononcé par Çâkya à la requête de Çarihibu.
7˚(fol. 84–84). (Arya) Chatur Dharma nirdêça (nâma Mahâyâna sûtra). Énumeration de quatre choses par lesquelles tous les crimes commis sont effacés.
8˚(fol. 85–86) Chatur Dharmaka sûtra. Quatre choses à éviter par tout homme sage.
9˚(fol. 86–87). Même titre (ce titre est : Arya Chatur Dharmaka nâma Mahâyâna sûtra). Quatre choses à observer par tout Bodhisattva ou homme sage.
10˚(Arya) Chatushka Nirahâra (nâma Mahâyâna sûtra). Explication de l'exercice parfait ou de l'accomplissement de quatre choses, ou du chemin d'un Bodhisattva. —Prononcé par Manjuçrî[1].
